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Sélection

LIBERTUS III - Des nécessités secrètes de peindre

Novembre 2007.  J’habitais alors à Mananjary, une ville du sud est de Madagascar où tous les sept ans se déroule durant un mois le « Sambatra », la fête de la circoncision . En dehors du coté traditionnel qui fait son charme et attire beaucoup de monde, cela reste une fête populaire énorme et les débordements sont très fréquents. La plupart des responsables de la ville préfèrent d’ailleurs partir dans ces moments. Pour l’occasion je tenais une exposition à l’Hotel SORAFA pas très loin de chez moi, organisé par l’Alliance Française. Je venais de terminer cette toile, elle n’était pas encore sèche et j’en étais vraiment très content. Elle était différente des autres, j’avais réussi à intégrer à ma recherche abstraite une certaine forme de symbolisme lié en principe à la figuration.
Lors du vernissage, un de mes compatriotes résidents, nous étions à peine une dizaine de familles dans la ville, me l’a acheté. Loin de me réjouir, cela m’a complètement déprimé. J’aurais aimé en profiter pour…

Démarche artistique


« La nature est un temple où de vivants piliers
   Laissent parfois sortir de confuses paroles ... »

Charles Baudelaire « Les correspondances » 



On nous demande souvent quelle est notre démarche artistique. Pour les concours, les inscriptions sur les sites de ventes en lignes professionnels, les galeries, etc. Voici la mienne, mise à jour le 28/04/2019:


On ne peint que ce que l’on est, ce que l’on vit, et a fortiori ce que l’on voit et ce que l'on ressent.

Qu’est ce qu’une œuvre graphique sinon un enchevêtrement de formes et de couleurs? Couleurs dont les codes et les chants sémantiques sont établis culturellement mais qui ont leur énergie propre et leur effet spécifique sur chacun d’entre nous. Il en va de même pour les formes dont on sait reconnaître la douceur, la violence, ou le mouvement. Couleurs et formes imprimant leur marque en fonction de leur complexité et de leur agencement, expriment alors l'équilibre ou le déséquilibre, l’angoisse, le plaisir ou la joie,  etc.

Dans la lignée de Wassily Kandinsky, Paul Klee mais aussi de Zao Wou-Ki et Gao Xingjian, j’essaie d’explorer ce langage intrinsèque du monde qu’il nous est donné de percevoir dans son extraordinaire variété. À travers toutes les formes et couleurs existantes dans la nature, j’essaie de décrypter les messages, le langage vibratoire, en les utilisant en tant que mode d’expression pure, au-delà de la symbolique, au-delà de ce qui est reconnaissable en tant qu’objet, au-delà des mots, au-delà du regard.
Je peins le monde tel que je le perçois dans son mystère.

Chacune de mes toiles est une représentation des questions que je me pose, des doutes et des découvertes, une tranche de l’expérience de mon ressenti, une interrogation graphique de notre existence et de notre essence. Ce sont des instantanés de l’âme.

Elles sont donc indissociables de mon aventure personnelle.
Elles jalonnent à la manière d’un album photo mon parcours spirituel et philosophique et sont autant d’images qui me permettent de prendre conscience de ce que je vis, de ce que nous vivons au plus profond de nous même et peut être parfois de découvrir une parcelle de réponse dans leur juste réalisation.

Avec le temps, les sujets et le sens se précisent, deviennent conscients, je ne mets pas mes titres au hasard même s’ils peuvent paraître fantaisistes pour certains ; les réactions de chacun devant une œuvre sont différentes mais toujours liées, en fonction du vécu et des émotions du spectateur, au sujet qui est traité.

Pour terminer, je dirais que l’esthétique peut être étudiée d’une autre manière que sur la base d’une opposition entre objectivité et subjectivité. Il s’agirait plutôt d’une sorte d’interactivité énergétique entre l’objet regardé et celui qui regarde, liée d'abord à la forme et la couleur, mais aussi aux sons et à toute autre forme de perception sensorielle.

Cette énergie perçue passivement par le regard se transforme très vite en une autre, en fonction de la disposition et de la nature du regardant. Son ressenti du Beau – si ressenti il y a – déterminera le sujet regardant à devenir acteur, il va alors projeter sur l'objet à son tour une énergie qui lui revient à l'infini.

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